Ce que la plaque verte apporte vraiment
Une plaque de plâtre hydrofuge se reconnaît à sa couleur : le carton est teinté en vert. Sous ce carton, le cœur de plâtre est chargé d’un additif hydrofuge à base de silicone. Les deux parements sont traités pour freiner l’absorption d’eau. La norme NF EN 520 la classe en type H1.
Le type H1 est le niveau le plus résistant que la NF EN 520 reconnaisse pour une plaque de plâtre. Siniat l’annonce six fois plus résistante à l’humidité qu’une plaque standard. Ce chiffre est crédité au fabricant : il vient d’une fiche produit, pas d’un organisme indépendant.
Sur chantier, cela veut dire une chose : douche après douche, la plaque ne gonfle pas et ne se délite pas. Elle garde sa tenue mécanique. C’est déjà beaucoup. Cela ne veut pas dire qu’on peut lui envoyer de l’eau dessus.
Les épaisseurs disponibles sont les mêmes qu’en plaque standard — BA13 en 12,5 mm pour l’écrasante majorité des chantiers, BA18 et BA25 pour les parements renforcés. Sur ce point, notre article sur la pose du placo étape par étape vaut pour la salle de bain comme pour le reste de la maison : mêmes rails, mêmes montants, même entraxe.
Dans quelle case êtes-vous ? Le classement des locaux
C’est le point que les particuliers ignorent presque toujours, et il commande tout le reste. Les locaux sont classés selon leur hygrométrie et l’exposition à l’eau des parois. Le Cahier du CSTB n° 3567, de mai 2006, définit cinq catégories, de EA à EC.
- EA — local sec : chambre, séjour, couloir.
- EB — humidité modérée : WC, cuisine familiale, salle de bain sans douche.
- EB+ privatif — salle de bain d’un logement, avec douche ou baignoire.
- EB+ collectif — douches d’un local collectif, vestiaire, gymnase.
- EC — local à ruissellement, cuisine collective, piscine.
Une salle de bain de maison individuelle est donc en EB+ privatif. À cet endroit, l’AQC est catégorique dans sa fiche pathologie sur les coins douche : il ne faut « jamais employer de plaques de plâtre non hydrofugées ou des cloisons en carreaux de plâtre standard ». La plaque verte n’est pas un confort, c’est le minimum.
Un mot sur les garages et les celliers non chauffés, qui reviennent souvent dans nos devis : ils relèvent aussi de l’EB+ privatif. C’est le sujet que nous traitons sur notre page pose de cloisons et de placo à Pau, et le doublage d’un mur froid de salle de bain relève, lui, de notre page doublage de murs à Pau.
L’étanchéité, ce que la plaque ne fait pas
Voici la phrase qui devrait figurer dans toutes les notices, et qui vient de l’Agence Qualité Construction : « le revêtement (carreau + produit de collage + joint) ne peut en aucun cas assurer seul l’étanchéité du support ».
Autrement dit : ni la plaque verte, ni le carrelage posé dessus, ni les joints de ciment ne constituent une étanchéité. Ce sont trois ouvrages qui ralentissent l’eau. L’étanchéité, elle, est un ouvrage à part, et elle a un nom.
Sur une paroi verticale exposée aux projections, on pose un SPEC — système de protection à l’eau sous carrelage. C’est le produit bleu-gris qu’on applique à la brosse ou au rouleau sur la plaque avant de coller le carrelage, avec une bande souple noyée dedans dans tous les angles rentrants. Le SPEC se pose sur les supports sensibles, en paroi verticale comme en paroi horizontale.

Sur une douche à l’italienne, où un siphon est incorporé au plancher, il faut aller plus loin : une étanchéité au sens strict, par SÉL (système d’étanchéité liquide) ou par membrane collée ou soudée (SÉPI). Les points que l’AQC demande de tenir sont chiffrés :
- Relever l’étanchéité sur la périphérie, sur 0,10 m minimum au-dessus du niveau fini.
- Si le relevé est impossible, prolonger l’étanchéité 1 m horizontalement — mieux : toute la pièce.
- Prévoir une plage périphérique avec une pente de 10 %, pour éviter toute stagnation.
- Réserver 5 mm entre l’appareil sanitaire et le revêtement, faute de quoi le joint n’accroche pas.
Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête : l’AQC constate que les carreaux sont souvent en contact dans les angles rentrants, ce qui empêche le coulis de pénétrer et fait du joint une ligne de faiblesse là où l’eau appuie le plus. Un défaut de 5 mm, à l’endroit exact où l’eau ruisselle.
Et concrètement ?
Une question, un projet ? On répond sous 24h en semaine.
Les percements et les traversées : là où ça fuit vraiment
Une plaque verte parfaitement posée peut prendre l’eau par ses trous. C’est l’une des causes principales relevées par l’AQC : « le traitement d’étanchéité des traversées de parois par les canalisations est souvent omis et les dispositifs d’évacuation insuffisamment testés à la mise en route ».
Les découpes concernées sont peu nombreuses et toujours les mêmes : sorties de robinetterie, alimentations du lavabo, évacuation, fixations de la barre de douche. Chacune est un passage direct de la face carrelée vers le cœur de la cloison.
La règle que nous appliquons est celle du double joint, telle que l’AQC la décrit :
- Un joint d’étanchéité réalisé avant la pose du carrelage, par le plombier.
- Un joint de finition en mastic élastomère, posé ensuite par le carreleur, en recouvrement du premier.
- Le joint de finition s’entretient et se refait régulièrement : c’est une pièce d’usure, pas un ouvrage définitif.
Côté plaquiste, notre part est simple et elle se voit : des découpes propres et au bon diamètre, sans arrachement du carton, et un jeu régulier autour du tube. Une découpe déchirée met le plâtre à nu sur son pourtour, et c’est exactement là que l’eau entre.

Ventilation : la moitié du problème n’est pas de l’eau
Tout ce qui précède traite l’eau projetée. Reste l’eau en suspension, celle qui embue le miroir. Qualitel situe le taux d’humidité idéal d’un logement entre 40 et 60 %, autour de 50 % pour le confort, et considère qu’au-delà de 70 % le risque de moisissures et de condensation devient sérieux.
Une salle de bain dépasse ce seuil à chaque douche. Ce qui compte, c’est la vitesse à laquelle elle redescend — donc la ventilation, pas la plaque. L’AQC le range d’ailleurs dans ses bonnes pratiques, en une ligne : « ne pas omettre de prévoir une bonne ventilation des pièces humides ».
Si vos taches noires apparaissent loin de la douche — dans un angle, derrière un meuble, au plafond —, ce n’est probablement pas un problème d’étanchéité mais de condensation, et le traitement n’est pas le même. Nous l’avons détaillé dans notre article sur les moisissures et la condensation sur les murs.
Et si ces traces sont bien au plafond, le montage n’est plus celui des parois. La plaque hydrofuge y est tout aussi obligatoire, mais la question devient celle du plan qu’on ferme : la hauteur qu’il prend, les percements de spots qu’on y fait, et l’accès qu’on doit garder au plénum une fois qu’il est fermé. Nous le détaillons dans notre article sur le faux plafond de salle de bain.
Ce que ça coûte, et qui fait quoi
Les fourchettes ci-dessous sont les nôtres, relevées sur nos chantiers du Béarn et du Pays basque. Elles ne sortent d’aucune base statistique. Ce sont les prix pratiqués par Samuel et Mathias, plaquistes cogérants d’Isorenov64, et par leur équipe de compagnons.
- Le surcoût de la plaque hydrofuge par rapport à une plaque standard : 2 à 4 €/m² sur la fourniture.
- Un doublage ou une cloison en hydrofuge, posé, bandes et enduit compris : 55 à 85 €/m².
- Une trappe de visite sur un tablier de baignoire : 60 à 120 € l’unité, pose comprise.
Le détail de nos prix au mètre carré est dans notre article prix du placo au m² à Pau : le surcoût hydrofuge s’y ajoute, il ne s’y substitue pas.
Et voici la partie que peu d’entreprises écrivent noir sur blanc. Le SPEC, le SÉL et le carrelage ne sont pas notre lot. Isorenov64 est plaquiste : nous montons l’ossature, nous posons la plaque hydrofuge, nous traitons les joints, nous laissons un support plan et sec. L’AQC rappelle d’ailleurs que les travaux d’étanchéité relèvent d’une qualification spécifique « Étanchéité », distincte de la qualification « Carrelage » — un carreleur peut poser un SPEC, mais réaliser une étanchéité et poser un siphon de sol engage d’autres assurances.
Ce que nous faisons, en revanche, c’est la coordination. L’AQC la juge « indispensable » entre le carreleur, le plaquiste et le plombier, et c’est vrai à la journée près : si le plombier passe après que la faïence est posée, le double joint ne peut plus être fait dans le bon ordre. Sur nos chantiers de salle de bain, nous calons cet enchaînement avec vous avant de monter le premier rail.
Refaire une salle de bain à Pau ou en Béarn ?
Nous intervenons sur Pau, le Béarn, la Bigorre, les Landes et le Pays basque. Sur une salle de bain, la visite technique sert surtout à trancher trois choses : l’état du support existant, la présence ou non d’un mur froid à doubler, et l’ordre de passage des corps d’état. Le devis part sous 48 h, et le déplacement n’est pas facturé en supplément.
Questions fréquentes
Le placo hydrofuge est-il étanche ?
Non, et c'est le contresens le plus fréquent. Une plaque hydrofuge de type H1 résiste à l'humidité ambiante : son cœur de plâtre est chargé d'un additif hydrofuge et ses parements freinent l'absorption. Elle n'est pas pour autant une barrière à l'eau. L'Agence Qualité Construction est explicite : le carrelage, sa colle et ses joints « ne peuvent en aucun cas assurer seuls l'étanchéité du support ». Sous une douche ou une baignoire, il faut un SPEC — système de protection à l'eau sous carrelage — appliqué sur la plaque avant le carrelage.
Faut-il mettre de l'hydrofuge dans toute la salle de bain ou seulement autour de la douche ?
Dans toute la pièce. Le classement ne porte pas sur un mur mais sur le local : une salle de bain avec douche ou baignoire est classée EB+ privatif dans son ensemble, selon le Cahier du CSTB n° 3567. Panacher plaque verte près de la douche et plaque standard ailleurs revient à créer une ligne de faiblesse au milieu d'un mur, pour une économie de 2 à 4 €/m². Nous ne le proposons pas.
Peut-on poser du carrelage directement sur le placo hydrofuge ?
Oui hors zone de projection, non sous la douche. Le NF DTU 52.2 croise le classement du local, la nature du support et la présence ou non d'une protection à l'eau : en EB+ privatif, la zone exposée aux projections réclame un SPEC entre la plaque et le carrelage. Le reste de la pièce peut recevoir la faïence directement sur la plaque hydrofuge, à condition que le support soit plan, sec et dépoussiéré.
Le placo hydrofuge suffit-il contre les moisissures ?
Non, parce que les moisissures ne viennent pas de la même eau. Les taches noires dans un angle ou derrière un meuble sont un problème de condensation : de l'air chargé d'humidité qui rencontre une paroi froide dans une pièce mal ventilée. Qualitel place le taux d'humidité idéal entre 40 et 60 % et considère le seuil de 70 % comme le début du risque. La réponse est alors la ventilation et le traitement de la paroi froide, pas le choix de la plaque.
Posez-vous l'étanchéité et le carrelage de la salle de bain ?
Non. Isorenov64 est plaquiste : nous montons l'ossature, nous posons la plaque hydrofuge et nous traitons les joints. Le SPEC, l'étanchéité liquide et le carrelage relèvent d'autres corps d'état — l'AQC rappelle même que les travaux d'étanchéité demandent une qualification « Étanchéité » distincte de la qualification « Carrelage ». Nous préférons vous le dire d'emblée et coordonner l'enchaînement avec votre carreleur et votre plombier, plutôt que de vendre un lot que nous n'assurons pas.
Et concrètement ?
Une question, un projet ? On répond sous 24h en semaine.






