Le tableau que personne ne montre : la hauteur maximale d’une cloison
C’est le cœur du sujet, et c’est la partie qu’on ne trouve presque jamais écrite. Une cloison sur ossature métallique n’a pas une hauteur libre : elle a une hauteur maximale admissible qui dépend de quatre choses — le type de montant, l’épaisseur de la plaque, le nombre de plaques par face, et l’entraxe. Le guide du NF DTU 25.41 publié par la filière la donne ligne par ligne.
Pour une cloison à parement à 1 plaque (la cloison de distribution courante) :
| Montant | Plaque | Épaisseur cloison | Entraxe 0,60 m | Entraxe 0,40 m |
|---|---|---|---|---|
| M48/35 | BA 13 | 72 mm | 2,45 m * | 2,75 m |
| M48/50 | BA 13 | 72 mm | 2,55 m | 2,90 m |
| M48/35 | BA 18 | 84 mm | 2,70 m | 3,05 m |
| M62/35 | BA 18 | 98 mm | 3,20 m | 3,70 m |
| M70/40 | BA 15 | 100 mm | 3,40 m | 3,90 m |
| M70/40 | BA 18 | 106 mm | 3,50 m | 4,05 m |
| M90/40 | BA 15 | 120 mm | 4,10 m | 4,70 m |
| M100/50 | BA 15 | 130 mm | 4,55 m | 5,20 m |
* Le guide ajoute une note à cette ligne, et elle mérite d’être lue : « compte tenu de l’expérience, la hauteur maximale de 2,50 m est cependant admise pour cette cloison avec montants M48/35 d’inertie minimale 2,50 cm⁴ ».
Ce que dit vraiment la première ligne de ce tableau
Arrêtons-nous dessus, parce qu’elle explique la moitié des questions qu’on nous pose. La cloison la plus posée en France est la 72/48 : un montant de 48 mm, une plaque BA13 de chaque côté, entraxe 60 cm. Sa hauteur maximale au tableau est de 2,45 m.
Or la hauteur sous plafond couramment retenue en logement est de 2,50 m. Précisons-le tout de suite, parce que le chiffre est souvent mal cité : c’est un usage de construction, pas une obligation réglementaire — nous avons vérifié ailleurs que la hauteur minimum sous un faux plafond n’est écrite nulle part. Mais c’est bien la cote qu’on trouve sur le terrain. Et elle place la cloison la plus posée du pays cinq centimètres au-dessus de sa propre ligne de tableau — il a fallu une note de bas de page, adossée à l’expérience et non au calcul, pour l’y autoriser.
C’est la vraie information à retenir. Ce n’est pas que 60 cm serait limite ou fragile : c’est que la cloison standard travaille au bord de son domaine d’emploi, sans marge. Tout ce qu’on lui ajoute — quelques centimètres de hauteur, un carrelage, une porte lourde, un plafond à 2,70 m — la fait sortir du tableau. Et à ce moment-là, on ne resserre pas l’entraxe « pour faire mieux » : on le resserre parce qu’on n’a pas le choix, ou on change de montant.
Le tableau donne d’ailleurs les deux issues, et elles ne se valent pas. À 2,75 m sous plafond, resserrer le M48/35 à 40 cm suffit tout juste. Passer au M70/40 avec une BA15 monte à 3,40 m en gardant l’entraxe à 60 cm — moins de montants, une cloison plus épaisse, et de la place pour une vraie épaisseur de laine. C’est la même arbitrage que celui que nous détaillons pour l’acoustique dans l’isolation phonique d’un mur intérieur : un montant de 48 ne reçoit que 45 mm de laine, un montant de 70 en reçoit 60 à 70.
Doubler le parement, doubler le montant : les deux autres leviers
L’entraxe n’est pas le seul réglage, et ce n’est pas toujours le meilleur. Deux autres changent la hauteur admissible, souvent davantage.
Le parement à deux plaques. Poser deux BA13 par face au lieu d’une transforme le tableau. La même cloison M48/35, qui plafonne à 2,45 m en simple peau à 60 cm, monte à 3,00 m en double peau au même entraxe — et à 3,40 m si on resserre à 40 cm. Le M70/40 en double BA13 atteint 3,85 m à 60 cm, le M90/40 4,65 m.
Le montant doublé. C’est la technique la moins connue et la plus efficace : deux montants emboîtés dos à dos à chaque emplacement, au lieu d’un seul. Sur la cloison courante M48/35 en simple BA13, on passe de 2,45 m à 3,05 m sans toucher à l’entraxe. Sur un M100/50 en double parement, le tableau monte à 6,85 m, qui est la hauteur maximale absolue admise par le NF DTU 25.41 pour une cloison sur ossature métallique — 6,35 m pour un parement à une seule plaque.
Dans la pratique, ces trois leviers se combinent selon ce que la pièce demande. Une cloison de 3,20 m dans un séjour cathédrale peut se faire en M62/35 simple à 60 cm, en M48/35 doublé, ou en M48/35 double peau — trois solutions valides, trois prix différents, trois épaisseurs différentes. C’est ce genre d’arbitrage qui fait la différence entre deux devis, et c’est pour ça que nous le posons à la visite plutôt que sur plan. Le détail du chiffrage est dans le prix du placo au m² et dans le prix d’un plaquiste au m².
Le cas du carrelage : 1 600 cm², et pourquoi ce chiffre
C’est la règle que nous voyons le plus souvent ignorée, et elle est écrite noir sur blanc. Sur une cloison à parement simple — une seule plaque BA13 ou BA15 par face —, l’entraxe des montants « est ramené de 0,60 à 0,40 m » dès que la finition est un carrelage de surface supérieure à 1 600 cm².
Mille six cents centimètres carrés, c’est un carreau de 40 × 40 cm. Autant dire que dans une salle de bains contemporaine, où le 60 × 60 et le 30 × 60 sont la norme, la règle s’applique presque toujours. Le mécanisme est simple : un carrelage rigidifie la surface et l’empêche de suivre les micro-déformations de la plaque. Là où une peinture accompagne un mouvement d’un dixième de millimètre, un joint de carrelage le refuse et finit par se fendre — ou c’est le carreau qui se décolle.
Deux précisions valent d’être ajoutées, parce qu’elles reviennent à chaque chantier de salle d’eau. La première : cette règle vaut pour le parement simple. En double peau, la question ne se pose plus dans les mêmes termes. La seconde : elle est indépendante du choix de la plaque hydrofuge, qui répond à un autre problème — l’eau, pas la rigidité. Les deux se cumulent, et nous les traitons ensemble dans notre article sur le placo hydrofuge en salle de bains.

Le guide ajoute au passage les dispositions de pied de cloison qui vont avec : joint souple entre la lisse et le sol, sur sol brut comme sur sol fini, et film polyéthylène sur sol brut. Et une remarque qui économise un poste entier : la sous-couche de protection à l’eau sous carrelage n’est pas nécessaire si tous les composants sont hydrofugés — parement, enduit de joint et mortier de rebouchage.
Et concrètement ?
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Cloison, contre-cloison, plafond : trois ouvrages, trois règles
La confusion la plus courante ne porte pas sur le chiffre mais sur l’ouvrage. « Entraxe 60 » ne veut pas dire la même chose selon ce qu’on monte, et les hauteurs admissibles n’ont rien à voir entre elles.
- La cloison de distribution — deux faces de plaque sur une ossature autoportante, elle sépare deux pièces. C’est le tableau ci-dessus : jusqu’à 6,35 m en parement simple, 6,85 m en parement double.
- La contre-cloison — une seule face, plaquée devant un mur existant, c’est le doublage. Les hauteurs sont bien plus basses : 3,90 m avec des montants 100/50 doublés à entraxe 0,60 sans appui intermédiaire ; 6 m si l’on ajoute des appuis intermédiaires espacés de 1,50 m au maximum ; et seulement 2,70 m sur fourrures avec appuis, une solution limitée aux logements individuels et aux parties privatives d’ERP. Le chiffrage correspondant est dans le prix d’un doublage au m².
- Le plafond — l’ossature est horizontale et la règle s’inverse : 0,60 m en pose perpendiculaire, 0,40 m en pose parallèle. C’est cette règle-là que porte déjà notre article sur le placo qui gondole, et c’est un entraxe de fourrures, pas de montants.
Un mot sur le plafond, parce que le tableau du DTU a été révisé : les isolants y sont admis jusqu’à 15 kg/m², et au-delà d’une portée de rive de 1,80 m, la cornière est remplacée par un rail. En période très humide — au-delà de 80 % d’humidité relative —, l’entraxe des ossatures de plafond est par ailleurs ramené à 0,50 m pour limiter la déformation des plaques. C’est un cas de chantier réel, pas une hypothèse : une maison neuve non chauffée en hiver y est.
Et sur ossature bois ?
La question revient souvent en rénovation d’ancien, où l’ossature métallique n’est pas toujours le choix évident. Le NF DTU 25.41 l’admet et fixe deux dimensions minimales pour les montants : 47 mm d’épaisseur au minimum, et 45 mm de largeur d’appui au minimum. Cette largeur d’appui est le point que l’on rate : c’est elle qui permet de visser deux plaques voisines sur le même montant sans que les vis se retrouvent au bord du bois — et sans reprendre une fissure de joint six mois plus tard.
Sur un support bois, un point supplémentaire ne se néglige pas, et il n’a rien à voir avec l’entraxe : le bois bouge avec l’humidité, l’acier non. C’est le mécanisme que nous détaillons dans l’article sur le plafond qui craque, et il vaut aussi pour une cloison montée sur des bois trop humides.
Ce que ça change quand on nous demande un devis
L’entraxe n’est pas une ligne du devis, c’est une conséquence. Ce que nous relevons à la visite, dans cet ordre : la hauteur sous plafond, ce que la cloison va recevoir en finition et en charge, et ce qu’elle doit atténuer comme bruit. Les trois désignent ensemble un montant, un parement et un entraxe — et pas l’inverse.
Concrètement, une hauteur de 2,50 m avec peinture ne demande rien de plus que la cloison standard. La même hauteur avec un carrelage de 60 × 60 impose le passage à 40 cm, ou le double parement. Un séjour à 3 m, une porte à galandage, un meuble de salle de bains suspendu, un objectif acoustique entre deux chambres : chacun déplace le curseur, et deux d’entre eux le déplacent vers le montant plutôt que vers l’entraxe.
Nous écrivons ces choix sur le devis, avec la désignation du montant et l’entraxe retenu. C’est ce qui permet de comparer deux devis autrement que sur le total : deux cloisons au même prix au mètre carré ne portent pas la même ossature, et c’est là que l’écart se loge. Le raisonnement complet est dans notre article sur le prix d’un plaquiste au m², et la séquence de pose dans la pose du placo étape par étape.
À Pau et dans le Béarn
Deux configurations locales font sortir du cas standard plus souvent qu’ailleurs. Les maisons béarnaises anciennes ont des hauteurs sous plafond généreuses — 2,80 m, 3 m et parfois davantage au rez-de-chaussée —, ce qui met la cloison courante hors tableau dès la première pièce. Et les combles aménagés sous rampant posent la question à l’envers : la cloison y est basse mais elle porte souvent une finition lourde, et son pied comme sa tête demandent un traitement particulier, détaillé dans notre article sur les plafonds rampants.
Nous intervenons à Pau, Billère, Jurançon, Lons, Bizanos, Gan, Nay et Orthez, et plus largement dans le 64, le 40 et le 65. Notre métier de plaquiste est présenté sur la page placo et cloisons.
Demandez un devis : il part sous 48 h après la visite technique, et le déplacement n’est pas facturé en supplément.
Questions fréquentes
Quel entraxe pour des montants de cloison placo ?
60 cm dans le cas courant. C'est l'écartement pour lequel la plaque est faite : une plaque de 1,20 m de large couvre deux intervalles et se visse sur trois montants. On descend à 40 cm dans trois cas seulement — quand la hauteur sous plafond dépasse la hauteur maximale admissible du montant à 60 cm, quand la face reçoit un carrelage de plus de 1 600 cm² sur une cloison à parement simple, ou quand une rigidité supérieure est demandée au contrat. En dehors de ces cas, poser à 40 cm consomme un tiers de montants en plus sans bénéfice mesurable.
Quelle est la hauteur maximale d'une cloison en 72/48 ?
2,45 m au tableau du NF DTU 25.41, pour un montant M48/35, une plaque BA13 par face et un entraxe de 0,60 m. Le guide de la filière ajoute toutefois une note : « compte tenu de l'expérience, la hauteur maximale de 2,50 m est cependant admise pour cette cloison avec montants M48/35 d'inertie minimale 2,50 cm⁴ ». Autrement dit, la cloison la plus posée en France est au bord exact de son domaine d'emploi pour la hauteur sous plafond la plus répandue. En resserrant l'entraxe à 0,40 m, elle monte à 2,75 m.
Faut-il des montants tous les 40 cm sous un carrelage ?
Oui, dès que les carreaux dépassent 1 600 cm² de surface — soit un carreau de 40 × 40 cm — et que la cloison est à parement simple (1 BA13 ou 1 BA15 par face). Le guide NF DTU 25.41 écrit que l'entraxe « est ramené de 0,60 à 0,40 m » dans ce cas. Avec les formats courants d'aujourd'hui (30 × 60, 60 × 60), la règle s'applique presque systématiquement en salle de bains. Elle est indépendante du choix de la plaque hydrofuge, qui traite l'eau et non la rigidité : les deux exigences se cumulent.
Jusqu'à quelle hauteur peut monter une cloison sur ossature métallique ?
6,35 m pour une cloison à parement à une plaque, 6,85 m pour une cloison à parement à deux plaques. Ce sont les maxima absolus du NF DTU 25.41, atteints avec des montants M100/50 doublés. Entre la cloison courante à 2,45 m et ces valeurs, on monte en jouant sur trois leviers : le type de montant (M48 → M70 → M90 → M100), le doublement des montants, et le doublement du parement. L'entraxe est le quatrième levier, et souvent le moins rentable des quatre.
Un montant doublé, à quoi ça sert ?
À gagner de la hauteur sans changer d'épaisseur de cloison ni multiplier les montants. Il s'agit de deux montants emboîtés dos à dos à chaque emplacement. Sur la cloison courante — M48/35, une BA13 par face, entraxe 0,60 m —, le doublement fait passer la hauteur admissible de 2,45 m à 3,05 m. C'est plus efficace que de resserrer l'entraxe à 0,40 m, qui ne donne que 2,75 m, et cela reste en 72 mm d'épaisseur totale.
L'entraxe d'un plafond, est-ce la même règle ?
Non, et c'est la confusion la plus fréquente. En plafond, l'ossature est horizontale et la règle s'inverse : 0,60 m en pose perpendiculaire, 0,40 m en pose parallèle. Il s'agit d'ailleurs de fourrures, pas de montants. Deux autres points s'y ajoutent : les isolants sont admis jusqu'à 15 kg/m², et en période très humide — au-delà de 80 % d'humidité relative — l'entraxe est ramené à 0,50 m pour limiter la déformation des plaques. Ce sujet est traité dans notre article sur le placo qui gondole.
Et pour une contre-cloison ou un doublage ?
Les hauteurs admissibles sont bien plus basses que pour une cloison de distribution, parce que l'ouvrage n'a qu'une face de plaque. Le NF DTU 25.41 donne 3,90 m avec des montants 100/50 doublés à entraxe 0,60 m sans appui intermédiaire, 6 m avec des appuis intermédiaires espacés de 1,50 m au maximum, et seulement 2,70 m sur fourrures avec appuis — cette dernière solution étant limitée aux logements individuels et aux parties privatives d'ERP.
Peut-on monter une cloison sur ossature bois ?
Oui, le NF DTU 25.41 l'admet et fixe deux minima pour les montants : 47 mm d'épaisseur et 45 mm de largeur d'appui. La largeur d'appui est le critère qu'on oublie : c'est elle qui permet de visser deux plaques voisines sur le même montant sans approcher les vis du bord. Il faut en revanche tenir compte du fait que le bois travaille avec l'humidité de l'air, ce que l'acier ne fait pas — un point que nous détaillons dans notre article sur le plafond qui craque la nuit.
Et concrètement ?
Vous voulez passer à la pratique avec un plaquiste RGE Qualibat ?






