Deux ouvrages, deux DTU — et ce n’est pas une formalité
Les deux familles ne relèvent pas du même texte de mise en œuvre, et c’est la première chose à savoir quand on lit un devis.
- Les carreaux relèvent du NF DTU 25.31, « Ouvrages en carreaux de plâtre ». Sa version en vigueur date d’avril 2017 et remplace un texte de 1994.
- Les plaques vissées sur ossature relèvent du NF DTU 25.41, celui que nous citons dans les étapes d’une pose de placo faite dans l’ordre.
Le domaine du NF DTU 25.31 est plus large que la seule cloison de séparation. Il couvre les cloisons de distribution, les contre-cloisons, les parois de gaines techniques, les conduits de ventilation et de désenfumage, les habillages verticaux de structures, et ce qu’il appelle les petits ouvrages — tabliers de baignoire, jambages. Ce dernier point explique pourquoi un plaquiste garde des carreaux en stock même quand il travaille en plaques : pour un tablier de baignoire, le carreau est le bon matériau, et l’ossature une complication inutile.
Il vise les bâtiments d’habitation, les ERP, les bureaux et les bâtiments industriels ou de stockage, dans toutes les zones climatiques françaises.
Pièces humides : la règle est explicite, et elle a un nom
Le NF DTU 25.31 distingue les locaux secs ou faiblement humides, les locaux moyennement humides, et les locaux humides à usage privatif. Dans ce dernier cas, les carreaux hydrofugés de type H2 sont obligatoires — ce n’est pas une recommandation de fabricant, c’est le domaine d’emploi du texte.
C’est le pendant exact de ce qui vaut côté plaques, où la plaque hydrofuge remplace la plaque standard dans les mêmes situations : nous détaillons ce point dans le placo hydrofuge en salle de bain. Dans les deux familles, la faute la plus fréquente est la même : un produit standard posé là où le produit traité était exigé, avec un désordre qui n’apparaît qu’au bout de deux ou trois hivers.
Ce que le carreau fait mieux
Le feu. EI 120 sur 70 mm, on l’a dit. C’est le motif numéro un de choix du carreau en rénovation : recoupement d’un local à risque, séparation d’un garage attenant, paroi de gaine.
Les ouvrages scellés et les formes. Un carreau se coupe à la scie, se colle et se scelle. Un tablier de baignoire, un jambage, un muret, une banquette maçonnée se font en carreaux sans monter d’ossature. Pour l’habillage d’une poutre ou le coffrage de tuyaux, le raisonnement s’inverse en revanche : ces ouvrages sont creux par définition, et l’ossature y est la solution simple.
L’épaisseur. À performance au feu égale, le carreau prend moins de place. Sur un couloir de 90 cm, 28 mm gagnés se remarquent.
La stabilité de la surface. Une cloison en carreaux ne connaît pas le désordre décrit dans le placo qui gondole : il n’y a pas de portée entre appuis, donc pas de flèche entre montants. Elle a ses propres désordres — la fissuration aux joints d’assise — mais pas celui-là.
Ce que la plaque fait mieux
Le bruit, et ce n’est pas une question de masse. C’est le point le plus contre-intuitif de tout ce comparatif. Une cloison en carreaux pèse environ trois fois plus qu’une cloison en plaques, et elle est plus mauvaise de 11 dB. La raison tient au principe qui gouverne l’acoustique d’une paroi légère : ce qui arrête le bruit, ce n’est pas la masse seule, c’est le système masse — ressort — masse, deux parements séparés par un vide amorti par de la laine. Un carreau plein n’a pas de ressort : il est monolithique, donc il transmet. Nous développons ce mécanisme dans l’isolation phonique d’un mur intérieur et, pour le cas d’un mur partagé, dans l’isolation phonique d’un mur mitoyen.

Les réseaux. Une cloison à ossature est creuse : les gaines électriques, l’alimentation d’un point d’eau, une évacuation de faible section y passent dans le vide, sans saignée et sans reprise d’enduit. Dans une cloison en carreaux, le même besoin se traite à la rainureuse, avec la poussière et le rebouchage que cela suppose — et chaque saignée entame une paroi qui tire sa résistance de sa continuité.
L’isolant. C’est le corollaire du point précédent : dans une cloison à ossature, on loge la laine sans épaissir l’ouvrage. Dans une cloison en carreaux pleins, il n’y a pas d’endroit où la mettre.
Le chantier. La plaque se visse à sec. Le carreau se monte à la colle, avec un temps de séchage à respecter avant enduit et peinture, et un chantier plus salissant.
Et concrètement ?
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Le poids : la contrainte qui peut interdire le carreau
C’est le point qu’on regarde en premier en rénovation, avant même de parler de performance. Un carreau plein de 70 mm au format courant 66 × 50 cm pèse de l’ordre de 23 kg, et il en faut 3 au m² : la cloison montée pèse donc autour de 70 kg/m², contre environ 25 kg/m² pour une cloison à ossature en simple peau. Ces valeurs varient d’un fabricant à l’autre et se vérifient sur la fiche du produit retenu — mais l’ordre de grandeur, lui, ne bouge pas : un rapport de près de trois.
Sur une dalle béton, la question ne se pose pas. Sur un plancher bois ancien, elle se pose sérieusement, et c’est fréquent dans le bâti béarnais : une cloison de 2,50 m de haut sur 4 m de long ajoute environ 700 kg en carreaux, contre 250 kg en plaques, appliqués sur une seule ligne d’appui. Le NF DTU 25.31 demande d’ailleurs que le support soit reconnu et réceptionné avant la pose — c’est la formulation normative de ce contrôle, et c’est exactement là qu’il sert.
La pose en carreaux : ce que le DTU impose et que personne ne vérifie
Les exigences du NF DTU 25.31 sont précises, et elles expliquent la plupart des cloisons en carreaux qui fissurent.
- Température ambiante minimale de +5 °C, bâtiment hors d’eau, hors d’air, locaux secs. Une cloison montée dans une maison non chauffée en février part avec un handicap.
- Liaison au sol : la première assise est posée et jointoyée directement.
- Liaison aux murs : collage si l’espace est inférieur à 1 cm, bourrage ou mousse au-delà.
- Liaison au plafond : un espace d’environ 2 cm est laissé, puis comblé par un matériau résilient ou une mousse polyuréthane. Ce jeu n’est pas une négligence de pose : c’est ce qui permet au plancher haut de fléchir sans charger la cloison.
- Décalage des joints : au moins trois épaisseurs de cloison entre deux assises successives.
Les tolérances d’exécution, elles, sont plus serrées qu’on ne l’imagine pour un ouvrage monté à la colle : 1 mm maximum sous un règlet de 20 cm en planéité locale, 5 mm sous une règle de 2 m en planéité générale, et 5 mm de faux aplomb au maximum sur une hauteur d’étage. Une cloison en carreaux correctement montée n’a donc pas besoin d’un ratissage pleine surface pour être peinte — le sujet que nous traitons dans l’enduit de lissage sur placo.
Comment on tranche, en pratique
| La situation | Ce que nous posons | Pourquoi |
|---|---|---|
| Cloison entre deux chambres, ou chambre / séjour | Plaques + laine | 11 dB d’écart, et c’est la demande réelle |
| Recoupement coupe-feu, paroi de gaine, garage attenant | Carreaux | EI 120 sur 70 mm |
| Cloison devant recevoir prises, interrupteurs, alimentation | Plaques | Réseaux dans le vide, sans saignée |
| Tablier de baignoire, jambage, muret, banquette | Carreaux | Ouvrage scellé, pas d’ossature à monter |
| Salle de bains, buanderie (usage privatif) | Carreaux H2 ou plaque hydrofuge | Produit traité obligatoire dans les deux familles |
| Étage sur plancher bois ancien | Plaques | Environ 25 kg/m² contre 70 |
| Cloison à démonter ou déplacer un jour | Plaques | Une cloison en carreaux se démolit, elle ne se démonte pas |
Dans une maison entière, la réponse honnête est donc rarement « l’un ou l’autre » : c’est les deux, chacun là où il est bon. Un chantier courant en Béarn se monte en plaques pour l’essentiel de la distribution, avec des carreaux sur la paroi de gaine, le tablier de baignoire et la séparation du garage.
À Pau et dans le Béarn
Nous posons les deux, et le choix se fait pièce par pièce pendant la visite technique — pas au téléphone, parce qu’il dépend du support, de l’usage de la pièce et de ce qui doit passer dans la paroi. Sur le bâti ancien du Béarn, la question du plancher tranche souvent seule.
Pour le budget, nous renvoyons à nos deux articles chiffrés : le prix du placo au m² et le prix d’un plaquiste au m², qui décompose la part de main-d’œuvre. Notre métier complet est présenté sur la page cloisons et placo.
Demandez un devis : il part sous 48 h après la visite technique, et le déplacement n’est pas facturé en supplément.
Questions fréquentes
Carreau de plâtre ou placo : lequel isole le mieux du bruit ?
La plaque, et de loin, alors qu'elle pèse trois fois moins. Une cloison 98/48 en plaques avec laine minérale est donnée à Rw+C 45 dB ; une cloison en carreaux pleins de 70 mm, à Rw+C 34 dB. Onze décibels d'écart, soit un rapport de plus de dix en énergie sonore. La raison est structurelle : une paroi légère arrête le bruit par le système masse — ressort — masse, deux parements séparés par un vide amorti. Un carreau plein est monolithique : il n'a pas de ressort, donc il transmet. C'est le contre-exemple qui montre que la masse seule ne fait pas l'isolation phonique.
Le carreau de plâtre est-il plus résistant au feu que le placo ?
Oui, nettement, et c'est son principal atout. Une cloison en carreaux pleins de 70 mm est classée EI 120, soit deux heures de résistance au feu. Une cloison à ossature de 98 mm avec deux plaques par face est classée EI 60, soit une heure. Le carreau fait donc deux fois mieux avec 28 mm de moins. C'est la raison pour laquelle on le retient pour un recoupement coupe-feu, une paroi de gaine technique ou la séparation d'un garage attenant.
Peut-on faire passer l'électricité dans une cloison en carreaux de plâtre ?
Oui, mais par saignée, pas par le vide. Une cloison en carreaux est pleine : les gaines se logent dans des rainures ouvertes à la rainureuse, puis rebouchées. C'est faisable et cela se fait couramment, mais c'est plus long, plus salissant, et chaque saignée entame une paroi qui tire sa résistance de sa continuité. Dans une cloison à ossature, les mêmes gaines passent dans le vide, sans saignée ni reprise d'enduit. Si la cloison doit recevoir des prises, des interrupteurs ou une alimentation d'eau, c'est un argument décisif en faveur de la plaque.
Le carreau de plâtre convient-il à une salle de bain ?
Oui, à condition d'utiliser le bon produit. Le NF DTU 25.31 couvre les locaux humides à usage privatif et y rend les carreaux hydrofugés de type H2 obligatoires. Ce n'est pas une recommandation commerciale : c'est le domaine d'emploi du texte. La règle est symétrique côté plaques, où la plaque hydrofuge remplace la plaque standard dans les mêmes pièces. La faute la plus fréquente, dans les deux familles, est de poser du produit standard là où le produit traité était exigé — le désordre n'apparaît alors qu'après deux ou trois hivers.
Quelle est la hauteur maximale d'une cloison en carreaux de plâtre ?
4 m pour un carreau plein de 70 mm, avec une surface maximale de 14 m² entre raidisseurs. C'est très proche des 4,15 m admis par une cloison 98/48 en plaques : contrairement à une idée répandue, la hauteur ne départage pas les deux familles sur des hauteurs d'habitation. Ces valeurs sont celles d'un système donné et se vérifient sur la fiche du produit retenu ; elles changent avec l'épaisseur du carreau et avec la présence de raidisseurs.
Peut-on poser des carreaux de plâtre sur un plancher bois ancien ?
C'est la question à poser avant toute autre, et la réponse dépend du plancher. Une cloison en carreaux pèse autour de 70 kg/m², contre environ 25 kg/m² pour une cloison à ossature en simple peau. Sur 2,50 m de haut et 4 m de long, cela fait environ 700 kg contre 250 kg, appliqués sur une seule ligne d'appui. Le NF DTU 25.31 exige que le support soit reconnu et réceptionné avant la pose. Sur un plancher bois ancien, en l'absence d'un avis favorable, nous partons en plaques.
Une cloison en carreaux de plâtre revient-elle moins cher ?
Pas de façon tranchée, et l'écart se déplace d'un poste à l'autre. Le carreau évite l'ossature métallique et l'isolant, mais il coûte plus cher en matériau au mètre carré, se pose plus lentement, impose un temps de séchage avant finition, et fait payer les réseaux en saignées. À l'inverse, la plaque ajoute rails, montants et laine, mais se monte à sec et vite. Sur un chantier courant, les deux se rejoignent : le choix se fait sur la performance visée, pas sur la facture. Nous détaillons la structure de coût dans notre article sur le prix d'un plaquiste au m².
Quelle tolérance de planéité pour une cloison en carreaux de plâtre ?
Le NF DTU 25.31 fixe 1 mm maximum sous un règlet de 20 cm en planéité locale, 5 mm maximum sous une règle de 2 m en planéité générale, et un faux aplomb de 5 mm maximum sur une hauteur d'étage. Ce sont des tolérances serrées pour un ouvrage monté à la colle, et elles ont une conséquence pratique : une cloison en carreaux correctement montée se peint sans ratissage pleine surface. Si un ratissage est nécessaire, c'est que la pose est hors tolérance, et c'est à ce titre qu'il faut en discuter — pas comme une finition supplémentaire à payer.
Et concrètement ?
Vous voulez passer à la pratique avec un plaquiste RGE Qualibat ?






