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Laine de verre 200 mm : quel R, et où cette épaisseur passe

Par Ilan Lemos de Abreu12 min de lecture
Rampant de comble en cours d'isolation dans une maison du Béarn : à droite la laine de verre glissée entre les chevrons de bois sous l'écran de sous-toiture, à gauche la seconde couche posée en travers sur une ossature métallique
Rampant de comble en cours d'isolation dans une maison du Béarn : à droite la laine de verre glissée entre les chevrons de bois sous l'écran de sous-toiture, à gauche la seconde couche posée en travers sur une ossature métallique

Ce que 200 mm donnent vraiment, lambda par lambda

Le λ, ou conductivité thermique, est la donnée du produit : plus il est bas, plus l’isolant freine la chaleur à épaisseur égale. Pour une laine de verre, il va de 0,030 à 0,040 W/m.K selon la gamme, et c’est la valeur certifiée ACERMI qui fait foi, pas celle du rayon. L’ACERMI certifie les caractéristiques des isolants thermiques « en usine et en laboratoire » : un λ porté sur un certificat est une valeur contrôlée, celui d’un argumentaire commercial ne l’est pas nécessairement.

λ du produit (W/m.K) Gamme correspondante R à 200 mm
0,030 laine haute performance 6,67
0,032 laine performance 6,25
0,035 laine de verre courante 5,71
0,038 entrée de gamme 5,26
0,040 laine soufflée en vrac 5,00

L’écart entre la première et la dernière ligne est de 1,67 point de R pour la même épaisseur, soit un tiers de performance en plus. C’est considérable, et c’est invisible sur l’étiquette d’épaisseur : deux rouleaux de 200 mm posés côte à côte au rayon peuvent différer d’un tiers. La seule ligne à lire sur l’emballage n’est pas « 200 mm », c’est « λ = … » et « R = … ». Le détail de ce que signifient λ, R et U est dans notre article sur le calcul de la résistance thermique R : nous ne le refaisons pas ici, cet article-ci part de l’épaisseur et va vers le R.

Les cinq seuils d’aide, et lesquels 200 mm franchit

Les résistances minimales exigées pour les travaux d’isolation ne sont pas une convention de profession : elles sont écrites dans l’arrêté du 30 mars 2009 relatif à l’éco-prêt à taux zéro, et ce sont les mêmes valeurs qui servent de référence aux primes CEE. Voici, poste par poste, ce que 200 mm de laine de verre font de ces seuils.

Rouleau de laine de verre entamé vu par la tranche à côté d'un panneau de laine de roche, dans un comble d'une maison ancienne du Béarn : deux isolants de même épaisseur mais de lambda différents
À épaisseur identique, deux laines ne donnent pas le même R : c’est le lambda du produit, certifié ACERMI, qui fait l’écart.
Paroi isolée R exigé 200 mm à λ 0,035 200 mm à λ 0,030
Planchers de combles perdus R ≥ 7 ❌ 5,71 ❌ 6,67
Rampants de toiture, plafonds de combles R ≥ 6 ❌ 5,71 ✅ 6,67
Toitures-terrasses R ≥ 4,5 ✅ 5,71 ✅ 6,67
Murs en façade ou pignon R ≥ 3,7 ✅ 5,71 ✅ 6,67
Planchers bas R ≥ 3 ✅ 5,71 ✅ 6,67

Trois postes sur cinq sont acquis quelle que soit la laine. Un poste dépend entièrement du λ. Un poste est hors d’atteinte. C’est ce déséquilibre qui explique pourquoi la même épaisseur passe pour généreuse dans un cas et pour insuffisante dans l’autre : ce n’est pas 200 mm qui change, c’est l’exigence en face.

Le point de bascule des rampants se calcule exactement : il faut R ≥ 6, donc λ ≤ 0,200 ÷ 6 = 0,0333. Une laine à 0,033 passe à 6,06. Une laine à 0,034 échoue à 5,88. Un millième de λ décide de l’éligibilité, sur le même rouleau de 200 mm.

Pourquoi 200 mm rate R = 7, même avec la meilleure laine

Voici le calcul que personne ne fait avant d’acheter. Pour atteindre R = 7 en plancher de combles perdus, l’épaisseur nécessaire vaut e = R × λ :

  • λ 0,030 : 210 mm
  • λ 0,032 : 224 mm
  • λ 0,035 : 245 mm
  • λ 0,040 : 280 mm

Même avec la laine la plus performante du marché, il manque 10 mm. Le seuil de R ≥ 7 est fixé au-dessus de ce que l’épaisseur commerciale la plus courante permet d’atteindre en une seule couche, et ce n’est pas un hasard : un comble perdu ne manque pas de place, donc rien n’oblige à y être clément. Nous recommandons d’ailleurs de viser plus haut que le minimum, et notre guide du prix d’une isolation de 100 m² de combles perdus chiffre le chantier à 32 cm de laine soufflée, soit R = 8.

La conséquence pratique est simple : en combles perdus, 200 mm est une épaisseur de complément, pas une épaisseur de chantier. Elle a sa place au-dessus d’une couche existante, jamais seule. Un exemple courant en Béarn : une laine des années 1990 tassée à 100 mm effectifs, sur laquelle on ajoute 200 mm croisés. Les résistances s’additionnent, et l’ensemble passe le seuil. Encore faut-il que l’ancienne couche soit saine, ce que nous vérifions avant de recouvrir.

En rampants, ce n’est pas l’isolant qui manque de place, c’est la lame d’air

C’est le point que les pages produit ne mentionnent jamais, et c’est celui qui fait échouer le plus de projets de combles aménageables. Le NF DTU 45.10, qui régit l’isolation des combles par panneaux ou rouleaux en laines minérales manufacturées (version de juillet 2020), impose de conserver une lame d’air ventilée sous l’écran de sous-toiture, et il en donne trois valeurs :

  • 2 cm minimum avec un écran HPV (hautement perméable à la vapeur) ;
  • 4 cm minimum si le rampant mesure 12 m ou moins, sans écran HPV ;
  • 6 cm minimum si le rampant dépasse 12 m.

Autrement dit, la profondeur à réserver sous la couverture n’est pas de 200 mm : elle est de 200 + 40 = 240 mm dans le cas le plus courant, et de 260 mm sur un grand rampant. Un chevron de 80 mm de haut ne reçoit donc rien de tout cela sans une seconde ossature en dessous. C’est exactement pour cette raison que l’isolation des rampants se pose en deux couches croisées et non en une, comme nous l’expliquons dans notre article sur l’isolation des combles aménageables et des rampants. Et c’est la même profondeur qui décide de la hauteur sous plafond finie, sujet traité dans notre guide du plafond rampant en placo et dans celui de l’aménagement de combles.

Le même DTU impose un pare-vapeur dont la valeur sd doit être supérieure ou égale à 18 m ou 57 m selon les cas. Cette membrane n’est pas une option de confort : sans elle, la vapeur d’eau du logement traverse la laine et condense au contact froid. Le mécanisme et le choix entre pare-vapeur et frein-vapeur hygrovariable sont détaillés dans notre article sur le pare-vapeur et le frein-vapeur.

Si la place manque vraiment sous la charpente, la solution n’est pas d’écraser la laine : c’est d’isoler par-dessus la couverture. Nous détaillons ce chantier et son coût dans notre article sur le sarking en Béarn.

Et concrètement ?

Combles, murs, plancher bas : devis sous 24h, intervention sous 15 jours en Béarn.

L’épaisseur posée n’est pas l’épaisseur annoncée : la règle des 10 %

Une laine de verre isole par l’air qu’elle emprisonne. La comprimer, c’est chasser cet air, et la résistance thermique tombe à peu près comme l’épaisseur. Le NF DTU 45.10 le borne clairement : il admet une « compression partielle et ponctuelle jusqu’à 10 % au niveau des ossatures, des fixations ou des passages de gaines et câbles ». Ponctuelle, et 10 %. Pas 30 % sur toute la surface parce que l’ossature était trop courte.

Le calcul est brutal. Une laine de 200 mm à λ 0,035 vaut R = 5,71. Forcée dans une ossature de 140 mm, elle ne vaut plus, à peu près, que ce que vaut une laine de 140 mm : R = 4,00. Vous avez payé 200 mm, transporté 200 mm, et posé 140 mm. La différence de 1,71 point de R est entièrement perdue, et elle ne se voit sur aucun document du chantier.

Laine annoncée Espace réel Compression R obtenu (λ 0,035)
200 mm 200 mm 0 % 5,71
200 mm 180 mm 10 % (limite du DTU) 5,14
200 mm 160 mm 20 % (hors DTU) 4,57
200 mm 140 mm 30 % (hors DTU) 4,00

Le même DTU demande que « les lés d’isolant sont mis en œuvre bord à bord, sans espace, pour conserver l’homogénéité thermique de la paroi ». Bord à bord, mais pas tassés : un lé forcé entre deux chevrons se bombe, se décolle du support et laisse une lame d’air non voulue derrière lui. La bonne largeur de découpe dépasse l’entraxe de un à deux centimètres, pas davantage.

Sur du vrac soufflé, le mécanisme est le même et nous l’avons documenté ailleurs : c’est pour cela qu’un plancher de combles perdus ne se pose jamais directement sur la laine.

200 mm sur un mur : ce que ça coûte en mètres carrés

Sur un doublage par l’intérieur, l’épaisseur d’isolant n’est pas l’épaisseur du complexe. Il faut ajouter le vide technique pour les gaines et les boîtiers, soit environ 20 mm, et la plaque de plâtre, 12,5 mm pour un BA13. Un doublage à 200 mm fait donc 232,5 mm, soit 23,25 cm, contre 17,3 cm pour la solution courante à 140 mm.

Reprenons la pièce de référence de notre article sur l’épaisseur d’isolation d’un mur par l’intérieur : une chambre de 4 m sur 5, soit 20,00 m², dont deux murs donnent sur l’extérieur.

Complexe posé R (λ 0,035) Pièce après travaux Surface perdue
140 mm + vide technique + BA13 = 17,3 cm 4,00 18,47 m² 1,53 m²
200 mm + vide technique + BA13 = 23,25 cm 5,71 17,96 m² 2,04 m²

Passer de 140 à 200 mm coûte 0,51 m² supplémentaires dans cette chambre, pour un gain d’éligibilité nul : les 140 mm franchissaient déjà le seuil de R ≥ 3,7. Le gain existe, il est réel et il se sent en hiver, mais c’est un gain de confort acheté en surface habitable, pas un gain de dossier d’aide. Nous le disons au devis plutôt que de laisser le client le découvrir à la livraison.

Travée de doublage sur ossature métallique à Pau : la laine minérale s'arrête dans la profondeur du montant, les gaines et la boîte d'encastrement passent devant elle dans le vide technique
La profondeur du montant borne l’épaisseur de laine, et le vide technique de 20 mm s’ajoute encore : un doublage à 200 mm fait 23,25 cm au total.

S’ajoute une contrainte d’ossature que peu de gens anticipent. La laine doit tenir dans la profondeur des montants sans être écrasée, et le tableau de hauteurs du NF DTU 25.41 s’arrête au montant M100, soit 100 mm. Une laine de 200 mm ne rentre donc pas dans une ossature simple courante : il faut une double ossature, ou deux couches. C’est le sujet de notre article sur l’entraxe des montants placo. Et si la vraie question était plutôt d’isoler par l’extérieur, notre comparatif ITE ou ITI pose l’arbitrage.

Dernier point, et il n’a rien de théorique en Béarn : un mur humide ne se règle pas en épaississant. Salpêtre en pied de mur, enduit qui cloque, plinthe qui se décolle, ce sont des remontées capillaires, et 200 mm de laine posés dessus enferment le désordre. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur les moisissures et la condensation sur les murs.

200 mm en combles perdus soufflés : le niveau des années 2000

Le soufflage ne se dose pas en rouleaux mais en hauteur de vrac, et les 200 mm y ont une signification historique : c’est ce qu’on posait couramment avant que le seuil de R ≥ 7 ne devienne la référence des aides. À λ 0,040, 200 mm de laine soufflée donnent R = 5,00, soit deux points sous le seuil actuel.

Le NF DTU 45.11, applicable depuis avril 2020, encadre ce chantier. Deux de ses exigences sont vérifiables par le client à la réception, et méritent d’être connues :

  • un chemin de circulation d’au moins 60 cm de largeur doit être aménagé dans les combles isolés par soufflage ;
  • 4 points de mesure au minimum pour 100 m² de combles doivent être réalisés, et l’entrepreneur établit une fiche en trois exemplaires accompagnée de trois étiquettes de sacs d’isolant.

Ces trois étiquettes sont votre preuve : elles portent le λ et la quantité posée. Sans elles, le R annoncé sur le devis n’est vérifiable par personne. C’est le contrôle le plus simple et le plus rarement demandé de toute la rénovation énergétique.

200 mm est-il le bon choix ? Les trois cas où la réponse est oui

Après tout ce qui précède, la conclusion n’est pas que 200 mm est une mauvaise épaisseur. C’est une excellente épaisseur, mais pour trois usages précis :

  1. Le complément sur une isolation existante. 200 mm croisés au-dessus d’une couche ancienne saine font passer l’ensemble largement au-delà de R = 7, sans toucher à ce qui est en place.
  2. Le rampant, avec une laine à λ 0,032 ou moins. R = 6,25, seuil franchi, et l’épaisseur reste compatible avec une charpente qui a de la hauteur.
  3. Le mur où la place ne manque pas, typiquement un pignon aveugle ou un mur de dépendance dans une maison ancienne en pierre. R = 5,71 sur un mur, c’est confortable, et les centimètres ne se paient pas puisqu’il n’y a rien derrière.

Et un cas où la réponse est non sans discussion : 200 mm seuls en plancher de combles perdus, pour un chantier qui vise une aide. Le seuil n’est pas atteignable, et le dossier sera refusé.

Reste la question du confort d’été, que le R ne mesure pas. Une laine de verre à 200 mm freine très bien la chaleur en hiver et retarde peu l’entrée de la chaleur d’été, parce qu’elle est légère. Si c’est votre sujet, lisez notre article sur le déphasage et le confort d’été et celui sur les isolants biosourcés : à 200 mm, une fibre de bois donne R ≈ 5 avec un déphasage de 10 à 14 h, quand la laine de verre donne un meilleur R et un déphasage bien moindre. Le choix entre les deux matières minérales est traité dans notre comparatif laine de verre ou laine de roche.

À Pau et dans le Béarn : ce que nous posons, et ce que nous refusons

Sur nos chantiers d’isolation thermique et phonique et de doublage à Pau, Billère, Lons, Lescar, Jurançon, Bizanos et dans tout le Béarn, l’épaisseur ne se décide jamais au rayon. Elle se décide à la visite, avec trois mesures : la profondeur disponible, le λ du produit que nous posons, et le R que le dossier d’aide exige.

Deux positions que nous tenons. La première : nous ne posons pas 200 mm dans une ossature de 140, même si le client a déjà acheté les rouleaux. Nous reprenons l’ossature ou nous changeons de laine, et nous l’écrivons au devis. La seconde : nous ne chiffrons jamais un poste d’isolation en centimètres seuls. Un devis d’isolation qui annonce « laine 200 mm » sans λ ni R est un devis invérifiable, et c’est vrai du nôtre comme de celui d’à côté.

Le parc palois joue beaucoup dans ces arbitrages. Les pavillons des années 1970 et 1980 de la couronne, à Idron, Lée, Gan ou Mazères-Lezons, ont presque tous des combles perdus dégagés où l’épaisseur ne coûte rien : là, on ne discute pas 200 mm, on souffle 32 cm. Les maisons de ville paloises et les appartements, eux, se battent au centimètre, et c’est là que le λ bas se justifie. Pour le chiffrage d’un doublage complet, voir notre article sur le prix d’un doublage placo au m², ou demandez une visite technique : nous relevons les profondeurs disponibles et nous calons le R poste par poste avant de chiffrer.

Questions fréquentes

Quel R pour 200 mm de laine de verre ?

Entre 5,00 et 6,67 m².K/W, selon le lambda du produit. Le calcul est R = épaisseur ÷ λ, soit 0,200 ÷ λ. Une laine haute performance à λ 0,030 donne R = 6,67 ; une laine courante à λ 0,035 donne R = 5,71 ; une laine soufflée en vrac à λ 0,040 donne R = 5,00. C'est l'écart le plus mal connu du sujet : deux rouleaux de 200 mm peuvent différer d'un tiers de performance, et rien sur l'emballage ne le dit à part la ligne « λ ». La valeur qui fait foi est celle du certificat ACERMI du produit.

200 mm de laine de verre suffisent-ils pour les combles perdus ?

Non, jamais seuls. Le seuil exigé en plancher de combles perdus est R ≥ 7, et il demande 210 mm avec la meilleure laine (λ 0,030), 245 mm avec une laine courante (λ 0,035), 280 mm avec du vrac à 0,040. Il manque donc 10 mm dans le meilleur des cas. 200 mm gardent tout leur sens en complément d'une couche existante saine, puisque les résistances thermiques s'additionnent : 100 mm anciens plus 200 mm neufs croisés passent largement le seuil.

200 mm suffisent-ils en rampants de toiture ?

Cela dépend du lambda, et la bascule se joue à un millième près. Le seuil en rampants et plafonds de combles est R ≥ 6, ce qui demande λ ≤ 0,0333. Une laine à λ 0,032 donne R = 6,25 et passe ; une laine courante à λ 0,035 donne R = 5,71 et échoue. Sur le même rouleau de 200 mm, la gamme du produit décide de l'éligibilité. Et il ne faut pas oublier la lame d'air ventilée sous l'écran de sous-toiture, qui ajoute 2, 4 ou 6 cm à la profondeur nécessaire.

Peut-on comprimer une laine de 200 mm pour la faire rentrer ?

Le NF DTU 45.10 admet une « compression partielle et ponctuelle jusqu'à 10 % au niveau des ossatures, des fixations ou des passages de gaines et câbles ». Ponctuelle, et 10 % au maximum. Au-delà, on est hors DTU et la performance tombe à peu près comme l'épaisseur : 200 mm forcés dans 140 mm valent à peu près ce que vaut une laine de 140 mm, soit R = 4,00 au lieu de 5,71 à λ 0,035. Une laine isole par l'air qu'elle emprisonne ; la tasser, c'est chasser cet air.

Quelle épaisseur totale fait un doublage à 200 mm ?

23,25 cm : les 200 mm d'isolant, plus environ 20 mm de vide technique pour les gaines et les boîtiers électriques, plus 12,5 mm de plaque BA13. C'est ce chiffre qu'il faut reporter sur le plan, pas les 20 cm de l'étiquette. Dans une chambre de 4 m sur 5 dont deux murs sont doublés, cela fait passer la pièce de 20,00 m² à 17,96 m², soit 2,04 m² perdus, contre 1,53 m² avec un doublage à 140 mm.

200 mm sur un mur, est-ce utile ?

Utile pour le confort, sans effet sur les aides. Le seuil exigé sur les murs en façade ou pignon est R ≥ 3,7, et une laine courante de 140 mm le franchit déjà avec R = 4,00. Passer à 200 mm porte le R à 5,71, ce qui se sent en hiver, mais coûte 0,51 m² de plus dans une pièce de 20 m² et n'ouvre aucun droit supplémentaire. La question se pose autrement quand la place ne manque pas, sur un pignon aveugle ou un mur de dépendance.

Faut-il une ossature spéciale pour 200 mm de laine ?

Oui sur un mur. Le tableau de hauteurs du NF DTU 25.41 s'arrête au montant M100, soit 100 mm de profondeur : une laine de 200 mm n'entre pas dans une ossature simple courante. Les deux solutions sont la double ossature, ou deux couches d'isolant croisées avec une ossature secondaire. En rampants, le raisonnement est le même : un chevron de 80 mm ne reçoit pas 200 mm, d'où la pose en deux couches croisées et le contre-chevronnage.

Laine de verre 200 mm ou 100 mm en deux couches ?

Thermiquement, c'est presque équivalent : les résistances s'additionnent, donc deux fois 100 mm à λ 0,035 donnent R = 5,71, exactement comme une couche de 200 mm. La différence est ailleurs. Deux couches croisées couvrent les jonctions de la première par la seconde et suppriment les ponts thermiques linéaires au droit des lés, ce qu'une couche unique ne fait pas. En revanche, deux couches coûtent une pose de plus. Sur nos chantiers, nous croisons dès qu'il y a de l'ossature dessous, et nous posons en une seule couche quand la profondeur est libre et régulière.

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